[09 Nov 2013 - FR] Quand le liquidateur sera un robot

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Author: Sophie Devillers

Planète D’ici 4 ans, l’Europe veut avoir construit un robot à forme humaine, capable d’intervenir sur un site après une catastrophe. Le projet "Walk-Man" vient d’être lancé en Italie. La Belgique, via l’UCL, va y participer. L’humanoïde devra évoluer de façon quasi autonome sur un site semblable à Fukushima.

 

En décembre 2014, à l’intérieur d’une base militaire américaine - on parle de la région de Miami -, des robots à l’apparence humaine se mesureront sur un terrain transformé en un site de post-catastrophe. Leur mission : faire rouler une voiture, manipuler un extincteur, fermer une valve, franchir ou évacuer des débris… Cette compétition entre robots humanoïdes est organisée par le Darpa. Il s’agit de l’Agence pour les projets de recherche avancée de Défense, qui dépend de l’armée des Etats-Unis. C’est aussi elle qui est à la base de l’ancêtre d’Internet.

Parmi ces robots en compétition, l’un d’eux devrait être belge (en partie du moins). L’Université catholique de Louvain est l’un des 5 partenaires du projet européen Walk-Man, qui vient d’être lancé en Italie et est financé par la Commission européenne (5600000 €, dont 500000 pour l’UCL). L’objectif : parvenir à fabriquer en Europe un robot capable d’agir de la façon la plus autonome possible dans un milieu prévu pour l’être humain mais devenu "hostile". Et, par la même occasion, booster la recherche robotique européenne, qui n’a pas à rougir face au Japon et aux USA. La participation au Darpa n’est en fait qu’un des à-côtés du projet, qui durera 4 ans. Un exemple de site dans lequel pourrait intervenir "Walk-Man" : la centrale nucléaire de Fukushima, soit un environnement conçu pour l’humain, mais qui ne lui est plus accessible car contaminé. Mais le robot pourrait aussi intervenir lors ou après un incendie, pour évacuer des débris, par exemple.

Les robots, nos "co-workers"

"Les récents événements nous ont montré la nécessité de systèmes robotiques fiables qui peuvent être déployés rapidement après un désastre, pour assister les humains dans des tâches trop dangereuses", explique Nikos Tsagarakis, de l’Istituto Italiano di Tecnologia, qui coordonne le projet. Ce projet envisage le développement de robots qui seront nos ‘co-workers’, dans une société du futur, capables de réaliser des tâches dans un environnement non-protégé et non-prévisible." Walk-man sera doté d’une morphologie humaine : un corps humain avec deux jambes, deux bras et deux mains, ainsi qu’une tête avec une capacité de perception (caméras, capteurs ultra-sons pour détecter les obstacles…). "Le robot doit être humanoïde, car il doit évoluer dans un environnement prévu pour l’humain. S’il est muni de roues au lieu de jambes, il sera bloqué dès qu’il devra franchir un tas de débris, par exemple. Si on veut qu’il puisse manipuler ces débris, il lui faut des mains !", explique le Pr Ronsse, l’ingénieur responsable du projet à l’UCL. "Le projet est assez ambitieux. Le robot devra avoir une dextérité fine, puisqu’il devra manipuler une valve, mais aussi être capable d’effectuer des tâches plus lourdes, comme déplacer des débris. En plus, il devra mener des tâches d’un niveau cognitif plus élevé, comme conduire un véhicule motorisé."

A Fukushima, des robots ont surtout été utilisés pour visualiser les scènes en se déplaçant sur le terrain, mais les tâches nécessitant de la manipulation n’ont pas été vraiment concluantes. Le travail des "liquidateurs" humains en milieu radioactif post-catastrophe est donc toujours nécessaire. "En environnement contrôlé, en labo, beaucoup de choses peuvent déjà être réalisées en robotique humanoïde. On pense ainsi à Asimo. (NdlR : ce robot japonais peut jouer au foot !) Mais dans un milieu protégé, il est encore plus fragile qu’un humain. Le vrai challenge, c’est de placer les humanoïdes dans un environnement imprévisible et invasif (contaminé…). " C’est tout le but du projet européen. 

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